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 De Sicko et de Mickael Moore :

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Robinson Crusoé

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MessageSujet: De Sicko et de Mickael Moore :   Ven 14 Sep - 18:46

Bonne rentrée, bonne santé !



Je ne sais pas vous, mais moi, quand je discute de cinéma avec des amis d’enfance que je n’avais plus vus depuis, pouf, au moins quinze ans, c’est systématique, les amis en question me confient que, oui, franchement, tant qu’à voir un film et devoir payer pour ça, même si c’est à l’Atalante, bien sûr, autant que ce soit pour le plaisir. Ouais, rigoler un bon coup, ou au moins sourire, se distraire (selon le sexe de l’interlocuteur(trice), quelques détails supplémentaires de mise en scène spécifiquement indispensables peuvent s’avouer sans trop rougir), passer un bon moment, quoi. Et surtout pas se prendre la tête, ou pleurer sur toute la misère du monde qui, personne n’oserait le nier, est évidemment plus révoltante et universelle que jamais, mais, bon, chaque chose en son temps, n’est-ce pas, ça fait combien qu’on s’était pas vus, pouf-pouf, je sais plus… c’était à une manif je crois… pour Seaska… ou pour les prisonniers… oh non, c’était en 95, tu te souviens, 1995, au siècle dernier, quand on occupait la gare d’Hendaye, cheminots et chômeurs ensemble… Non-non, c’est bien plus récent, c’était d’ailleurs à l’aube de ce troisième millénaire, en 2002, et c’était sous une affiche de cinéma, Bowling for Columbine. Un Michael Moore, comme aujourd’hui. Ouais, on s’était même bien engueulés à son propos. Ouais, avec Michael Moore on n’est jamais vraiment déçu, pire, on se prendrait presque d’affection fraternelle pour les Amerloques. Enfin, pas tous, bien évidemment. Faut choisir son camp. Et avec Michael Moore, c’est tellement démonstratif que l’on ne peut guère hésiter au-delà du premier quart d’heure de film avant de, pour le moins, maudire tous les Roger, Georges W. et autres maîtres consorts de la terre… sauf à être un fan absolutiste de la controverse.

Robert a adoré le film. On s’est retrouvés, après la projection, à la Taverne de l’Atalante, devant deux verres de bière joliment faux-colisés. Il dit que c’est sans nul doute le meilleur de Michael Moore. J’ai hésité un instant mais je n’ai finalement su qu’en rajouter en opinant qu’il aurait bien mérité la Palme d’Or à Cannes, ce Sicko-là. Mais son film n’était pas en lice, qu’il m’a cloué, le Robert… et puis, 4 mois, 3 semaines et 2 jour, le film de Cristian Mungiu la méritait sans le moindre conteste, cette Palme 2007 ! Ouais, n’empêche qu’encore une fois, le Michael m’en a foutu plein la poire, et avec le sourire en plus. Plus cyniquement humain que jamais, il parle aux Européens pour mieux interpeller les Ricains et il cible l’Américain moyen pour plus lucidement encore nous interloquer. Ça me rappelle une discussion avec un ami qu’il va falloir que j’envoie voir ce film sans faute. Il me disait comme ça, là, sans réfléchir, si tu avais la possibilité de choisir, si tu devais impérativement choisir entre, la santé, la liberté ou l’amour, qu’accepterais-tu de sacrifier pour préserver l'essentiel ? Rien, que je lui ai répondu, je refuse de sacrifier quoi que ce soit. Mais tu es obligé de choisir, tu dois sacrifier un des trois. Lequel des trois, hein ? L'amour ? La santé ? Ta liberté, tu sacrifierais ta liberté ? Non, non et non, jamais de la vie… et surtout pas la santé !

Robinson Crusoé
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djema gaouda lon

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MessageSujet: Re: De Sicko et de Mickael Moore :   Sam 15 Sep - 1:07

Le problème des discussions et/ou questionnements sans enjeu véritable (cette madeleine de choix prétendument décisifs) c'est qu'on devient d'une indulgence folle, même devant un film de michael moore, c'est ça la conclusion, non?

"Cyniquement humain", non mais sans déconner. Tout se vaut, c'est ça? La fin justifie les moyens, j'imagine. Et puis pas évident de contrer le cynisme établi alors établissons n'importe lequel autre, ça devrait faire l'affaire. Pouah.
Michael moore, son problème c'est qu'il y croit et qu'il n'a pas la moindre idée cinématographique pour mettre cette croyance en perspective.
Du cinéma de cm2, en gros.
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Robinson Crusoé

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MessageSujet: Re: De Sicko et de Mickael Moore :   Sam 15 Sep - 12:22

Je ne sais plus trop où ni quand j'ai pu lire ou entendre que "le cinéma c'est la vie", toujours est-il que cela fait déjà pas mal de temps que j'ai repris cette maxime à mon compte. Et dans la vie, il y a, il y faut de l'art, bien entendu, de la poésie, de la littérature, de la beauté, de la créativité et de l'amour en veux-tu en voilà. Mais aussi du combat, de la conviction, de la bataille des idées voire de la lutte des classes, si je peux me permettre ce mot peut-être trop trivial pour certains yeux esthétes. C'est dans ce registre là que Michael Moore utilise sa caméra et sa table de montage. Alors, évidemment, on n'aime ou on n'aime pas, c'est comme tout, faut surtout pas se forcer parce que Télérama ou je ne sais quel critique en vue en dit du bien ou du mal. On se sent concerné, impliqué, interpellé, plus ou moins selon que l'on a choisi d'être du côté du manche ou de la cognée (diaaaa je me prends parfois pour un arbre). Mouais, quand j'ai écrit "cyniquement humain" pour qualifier le bonhomme réalisateur, j'ai évidemment voulu y mettre beaucoup plus d'humanité que de cynisme mais apparemment cette lecture n'est pas si évidente que je le croyais... surtout quand on chausse des lunettes méprisantes.
Bref, Faftao Laoupo, tu me fais rêver là. I have a dream, mon cher annonciateur d'apocalypse individuel, et même tout plein des rêves, et là tu m'en rajoutes un très joli, de rêve, je trouve : Et si on projetait gratuitement le dernier opus de Michael Moore à toutes les classes de CM2 de la planète ! Après, il pourrait bien sûr y avoir des tombereaux de madeleines au goûter... mais les enfants d'aujourd'hui n'aiment plus les madeleines... je crois.
Au fait, très cher Faftao Laoupo, as-tu eu au moins la curiosité de le voir, hein, le dernier film de Michael Moore ?
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djema gaouda lon

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MessageSujet: Re: De Sicko et de Mickael Moore :   Dim 16 Sep - 0:07

D'accord, c'est la vie.
Et puis alors ça peut être le combat.
Lutte des classes.
D'ailleurs, on aime ou on n'aime pas.

Mais alors quoi?
Je suis désolé mais on en revient à un "tout se vaut/chacun ses goûts" pas bien passionnant.

Du coup je redemande : quelle vision cinématographique chez michael moore? Quelle (re)mise en question de ses idées? Quels enjeux? Que voit-on de plus, de ces points de vue là, que l'on ne voit dans une bande annonce d'un de ses films? De l'édifiant donc, juste ça?

Les films de michael moore ne doutent jamais, les films de michael moore on les connait tous avant de les voir, les films de michael moore sont une réponse simpliste à des états de fait simples (ou voulus comme tels), les films de michael moore sont tout sauf des films, les films de michael moore sont au cinéma ce que sont les guignols à la pertinence politique. Du rassurant, du confortable, du subversif en vue de bonne conscience.

Je n'ai pas vu ce dernier film, non. Comme je n'ai pas écouté le dernier disque de manu chao ou lu le dernier livre estampillé lcr. Y'a un moment, sans doute, où ça suffit un peu ce genre de trucs.
Sur la forme, surtout, bien sûr, c'est de ça dont on parle. Le fond étant tellement maltraité que de toute façon on ne peut que ressortir effondré.

Mais rêvons à une diffusion dans toutes les classes du monde, oui. C'est une solution qui sera d'ailleurs évoquée dans le prochain film de michael moore. L'endoctrinement des élèves du monde entier. Attention les yeux, ça va encore dénoncer.
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Robinson Crusoé

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MessageSujet: Re: De Sicko et de Mickael Moore :   Dim 16 Sep - 1:12

Très cher Faftao Laoupo, je crains, tout simplement, que nous n'ayons pas les mêmes valeurs. Dans un sens, pourtant, tu as raison. Tout cela n'est évidemment pas une question de goûts et de couleurs (disons que je me serais une fois de plus empêtré dans mes métaphores édulcorantes pour ne pas souligner l'évidence de ta mauvaise foi). C'est une question de camp, de quel est ton camp dans la lutte des classes, bien entendu, pas dans cette guerre de civilisations ou je ne sais quel apocalyptique autre simplification de la complexité décomplexée. C'est joli, hein, tous ces mots qui ronflent leur suffisance ! Ils finissent pourtant toujours par m'insupporter, ces mots vains, quand seuls les actes comptent, je persiste et signe en appelant les esprits ouverts à prendre partie d'eux-mêmes, mais en connaissance de cause. Avant qu'il ne soit trop tard pour notre protection sociale et nos retraites par répartition qui se répartissent toujours moins (mais, bon, là j'exagère bien sûr, comme monsieur Moore, car, tant qu'il y a de la vie, y'a de l'espoir, hein !), va falloir s'activer, et collectivement en plus, manifester, recréer un véritable rapport de force dans la rue et dans l'opinion... Hum, après la coupe du monde de rugby, peut-être, euh... J'ai un bon parapluie, j'ai un bon parapluie... je ne vais pas m'enrhumer, je ne vais pas m'enrhumer...
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MessageSujet: Re: De Sicko et de Mickael Moore :   Dim 16 Sep - 1:20

Serait-ce que tu nous prédis du beau temps pour le cinéma, très cher Robinson ? Tant qu'il y a de la pluie y'a de l'espoir, dit un vieux proverbe basque.
Ceci dit, très chers visiteurs du forum de Cinéma & Cultures, profitez-en pour ne surtout pas louper non plus la Palme d'Or 2007 : 4 mois, 3 semaines, 2 jours le film est à l'affiche de mes préférés actuellement diffusés dans nos salles. a propos, comment trouvez vous ma nouvelle mise en page du forum ?
Merci pour tous vos mots d'encouragement.
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djema gaouda lon

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MessageSujet: Re: De Sicko et de Mickael Moore :   Dim 16 Sep - 12:24

Robinson crusoé,

le problème que j'ai avec michael moore, justement, c'est qu'a priori je suis dans son camp. D'où une colère, sans doute, moins maitrisée, d'où un ras le bol, j'en suis sûr, plus affectif.
Et cette action là, de cette façon là, dans ce cinéma qu'il propose, c'est à mon sens du vent.
Et encore, du vent.
Disons une petite brise qui rafraichit la nuque de ses ennemis désignés, tellement contents eux de pouvoir compter sur quelqu'un comme ça pour caricaturer leurs actions.
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